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Bordeaux Primeurs 2014 par Yves Beck

On ne sauve pas un millésime en deux mois
Bordeaux Primeurs 2014 par Yves Beck vous explique pourquoi

Après 10 visites de châteaux tout était clair ; tout le monde expliquait la même chose : le millésime était prédestiné à devenir un deuxième 2013. Fin août le moral était au plus bas. Heureusement, l’arrière-saison a tout sauvé. Alors que la nature parvient à faire des miracles, voilà, en plus, qu’elle pratique la magie. Ainsi, elle aurait réussi à transformer quelque chose de mauvais en quelque chose de bon. La sagesse le dit bien : on ne peut que faire du bon, avec du bon !

Si l’arrière-saison a effectivement fait un bien énorme aux raisins, c’est bien parce que le matériel, à la base, était bon. Et pourquoi était-il bon ? parce que les mois de mai et, surtout, de juin ont été très cléments. C’est bien là que la balle de match a été préparée. Toutefois, on sait bien qu’une balle de match ne signifie pas victoire. En résumé, juin a concocté la balle de match et les mois de septembre/octobre l’ont concrétisée.

Le millésime 2014 me fait penser au millésime……. 2014 !
(Charles Chevalier, Lafite Rothschild)

La seule réponse possible à une question terriblement ennuyeuse. D’une part on ne connaît pas, de mémoire d’homme, une situation analogue et, d’autre part, comment voulez-vous tirer des conclusions en avril 2015 alors que le vin est en plein élevage.

L’éternelle question : rive droite ou rive gauche ?

Pour répondre simplement, il y a partout de très grands vins, surtout à gauche, mais aussi à droite. Il y a partout des mauvais vins, plutôt à droite mais aussi à gauche. Si on analyse la situation quant à la concentration de la qualité, on est bien obligé de se rendre à l’évidence : c’est bien en rive gauche que le plus de choses se sont passées. Une année à Cabernet. Margaux, St-Julien et Pauillac ont brillamment tiré leur épingle du jeu, tandis que St-Emilion et Pomerol étaient un peu plus à la peine. En rive gauche on parlera plutôt d’un millésime de terroirs alors qu’en rive droite on parlera d’un millésime de vignerons. La maturité des Cabernets Sauvignons était parfaite et le cépage a pu parfaitement se révéler et s’épanouir.

Le Merlot, lui, a quelque peu souffert, un peu à la vigne, évidemment, et pas mal à la cave ! Un élément m’a particulièrement irrité en rive droite : la surextraction ou, pour imager le problème, la volonté de tirer le maximum d’un raisin à tout prix, ou même plus que ce qu’il est en mesure de donner. Résultat des courses : pas mal de vins marqués par des fruits confits, des attaques friandes, des creux en milieu de bouche et des tannins asséchants.

Petit, moyen, grand, très grand millésime ?

Depuis que j’ai dégusté un extraordinaire Lafaurie-Peyraguey 1933, année médiocre à Sauternes où selon quelques experts il n’y a rien de buvable, je refuse de classer les millésimes. Néanmoins, pour les vins rouges, nous avons un bon à très bon millésime, avec quelques très grands vins.

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